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lundi 21 mars 2011

Elle est belle la France !

Les Fatals Picards avaient sorti une chanson à péter de rire qui faisait état du petit racisme ordinaire qui s'insinuait un peu dans l'hexagone qui commençait à renifler la crise... la faute à qui, comme d'hab, aux étrangers, aux assistés (souvent les mêmes, hein !) et à ces salopiauds de gauchistes  (si on est pas pro UMP, on est gauchiste écervelé, c'est obligé) qui travaillent dans l'ombre pour détruit notrrrrrre beeeelle Fraaaance Madame ! Parce qu'après tout il faut toujours un bouc-émissaire à tous les malheurs, ça fait du bien de se défouler, hein ? Le problème c'est quand on se défoule dans les urnes, dans les déclarations politiques où n'importe quel connard qui fait une réflexion raciste nous renvoie à la gueule "faut dire les choses, faut arrêter d'être politiquement correct". Je ne te le fais pas dire ami du gouvernement, c'est très incorrect. C'est pas en léchant le cul des électeurs du F.N. qu'on instaurera une paix sociale et qu'on aidera à l'intégration. Je vois un truc quand-même qui est,  pour une fois à mettre à l'honneur de mon "camp idéologique", la gauche (via Benoît Hamon) a appelé à voter UMP en cas de triangulaire avec le FN là où l'UMP aurait l'avantage sur la gauche pour les cantonales... là où la droite ne dit rien dans le cas de figure inverse. Faut pas froisser le FN quand on est à l'UMP... les paroles de la chanson renvoie parfaitement, presque sans caricature, à un discours ambiant assez nase, très comptoir de bar... la faute c'est pas nous, c'est les autres, surtout ceux qui ne me ressemblent pas, hein... ma France à moi pour laquelle je n'ai rien fait, que je n'ai pas construite, que je n'ai pas défendue, ben je veux pas qu'elle soit aux autres, un p'tit peu... par contre, les Japonais, ouh la la, les pauvres, j'ai donné 10 euros l'autre fois... hein, j'suis sympa, j'suis pas raciste, la preuve j'aime les Japonais... il y en a pas chez nous, hein... "Elle est belle la France" ou "J'ai mal à la France" typique expression des blaireaux réacs en général avec leur attirail de phrases toute faites et leur don pour tout mélanger.

"Ah ben moi j’sors plus, hein, ah ben non hein, ben à cause d’la recrudescence hein
Ça a drôlement augmenté, la recrudescence, hein, ah surtout avec les arabes hein oui

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Regardez Jospin en cinq ans, il a rien fait d’bien grand
Ni à faire, ni à refaire, il nous laisse comme deux ronds de gland
Pi Raffarin est pas mieux, hein, soit dit en passant
C’est kifkif et haricots, tout ça c’est du même acajou
Pi leur décentralisation, moi j’en veux pas
Voyez déjà avec Tchernobil et la natome de morue au rat
C’est bien joli de changer les élections en quinquinat, mais les années bitextiles, y s’y
pensent pas

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

C’est pour ça, moi la dernière fois, j’ai voté contestataire
Au moins lui, il tient ses promesses, il a les épaules sur terre
Avec lui l’Europe elle sera française, et chacun sera chez soi
Il a promis qu’il augmenterait le pouvoir des chats
Enfin je fais des plans sur la gourmette parce qu’on n’en est pas là
Avec tous les cons en France c’est sûr que jamais il passera
Sans lui la sécurité elle restera dangereuse
Ça la France est pas aidée, hein, pi le fossé y s’creuse

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Pi regardez moi tout ces fainéants qui sont au chômage
Et après 'veulent le droit de vote, j’appelle ça du chantage
Le RMI et l’Assedic c’est d’autre valeur pour la France
Et c’est pas les Français qui y touchent, quand on y pense
Entre nous pour eux l’chomage c’est d’la sécurité de l’emploi
Dites-moi pas que c’est pas vrai, hein, dites le moi pas
Ils le disent à la télé, nous on touche le fond de notre pension
Et ça aide pas d’être bardé de diplômes, hein, ça non hein
(ça se saurait... mon beau-fils, euh... il a pas de diplômes mais quand-même... il mérite quand-même, lui, par rapport aux autres, il mérite plus quand-même, hein)

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

On dit "L'Europe, l'Europe" mais 'sont dans les choux à Bruxelles
Parce que l’Europe ça rapproche les peuplent, y parait mais quand on voit keski se
rapproche
Entre nous, bah, c’est pas les bons, enfin je dis ça moi je dis rien, non hein

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Mais les jeunes... euh, ce qui leur faudrait aux jeunes, c’est une bonne guerre
Ben ça leur apprendrait à vivre
Entre nous on était pas si mal que ça en 40, hein non ?
Allez, merci, au revoir d’être venus…"

mardi 15 mars 2011

Le Japon (édito d'un con)


Il y a de grandes modes : aller en Islande ou en Mongolie, le scrapbooking et la course au pathos. On ne vit désormais que dans l'émotion, la réflexion est à peu près morte il y a 15 ans. On pense charisme au lieu de compétence. On pense à la place au soleil plutôt qu'au travail de l'ombre. L'émotion a tout tué, l'émotion sous toutes ses coutures, l'émotion esthétique (le paraître) plutôt que l'essence, le profond. L'observation de la misère jusqu'à s'en rouler dedans, l'important n'étant pas la misère ni la douleur mais ce que l'on peut en faire, ce que l'on peut en sous-tirer, pour palier à certains creux qui nous peuplent. On s'apitoie, on s'agite, on pousse de hauts cris, on colorie avec des teintes criardes les pages blanches de notre apathie profonde, parce qu'un "wow !" ou un "Oh, merde, c'est pas possible !!" vaudra toujours mieux que deux "réfléchis un peu avant". Pleure, gesticule, gave ton égocentrisme des restes de ce que tu crois être de l'humanisme, nourris ta conscience de chocs que tu t'auto-suggères. La terre tremble, les vagues gonflent, le paquet de chips à la main, on fait des "wow" et des "oh non, c'est pas possible" en essayant de se persuader que ça nous bouleverse. L'important n'étant pas d'être bouleversé mais de dire qu'on l'est. Emotion, plan séquence et n'oublie pas d'ouvrir grand la bouche, interloqué, pour qu'on comprenne. L'émotion, hein, l'émotion, un formidable habit qui cache le ridicule de l'indifférence véritable. Pleure un Japonais, ça t'évitera de regarder le voisin qui crève à côté. Pleure deux Japonais, ça t'aidera à te dire que t'es pas qu'une merde à vociférer sur les Arabes, les Chinois ou les Martiens. Les "ouh la la" sont la mélodie de la bonne conscience qui est morte, les "ouh la la" comme échos terribles de tout le reste dont tu n'as rien à foutre. On est gentil à pleurer pour le Japonais, ne nous ôtez pas notre bonheur à souffrir gratis pour du Japonais qu'on ne connaît pas. C'est ce que l'on gère le mieux, la souffrance cinématique grégaire pour mieux refuser les souffrances personnelles qui empestent à gauche ou à droite de nous. Fais des chansons sur le Japon, peins pour le Japon, calligraphie tes "wow, c'est pas possible", et fais-le bruyamment pour taire ce rugissement interne qui te fait dire qu'au fond tu t'en fous. Tu veux juste être à la mode, actualiser un statut Facebook et lever des fonds pour aider un des pays les plus riches du monde pour à côté cracher (c'est-à-dire détourner ton regard de lui quand tu le croises) sur le vieux mec avec un bonnet bizarre qui parle pas bien français et qui demande du blé au coin de l'épicerie. La souffrance japonaise n'est que plus exquise que si elle est spectaculaire, parce que la souffrance ne vaut que par le biais du spectacle, c'est un show, une représentation, une fête à laquelle on veut être invité. A coups de "T'as vu c'est terrible" et de simagrées textuelles, on se vautre dans la joie de pouvoir éveiller frauduleusement des réflexes de compassion. Faussaires de sentiments, on en redemande, on se trouve beaux dans notre capacité à s'émouvoir. Rien ne nous touche, on ne pleure pas pour le voisin sauf s'il est pris dans un tsunami et loin de nous. Ce voisin rêvé qui est loin, ce voisin impossible, celui qui n'est pas à côté. Plus tu es loin de moi, moins je te connais, moins je te vois, plus je t'aime. Brasse de l'air, agite les drapeaux, sors tes mantras de fraternité, rien n'y fera si tu oublies ce qui cogne à côté. Il est si facile de regarder ce que l'on nous montre et d'écouter ce que l'on nous gueule, c'est clinquant, c'est brillant, c'est rassurant. Elle est rassurante cette souffrance, cette misère en télé, en radio, en blog, en images, ça nous évite de fouiller. On la mange, l'important c'est de se dire qu'on est ému, pas de s'émouvoir. N'oublie pas l'émotion dans la misère des autres, oublie la misère, c'est plus facile. Si tu dois crever, fais le en grand qu'on puisse en parler, mais loin.

dimanche 27 février 2011

Enfin !

Au revoir ! La bonne surprise ! On admirera le temps de réaction du nabot présidentiel à foutre dehors le seul ministre de l'histoire à avoir été condamné pour propos à caractère raciste et qui gardait son ministère... si en plus on ajoute ses provocs incessantes sur des sujets bouillants et également le fait qu'il avait soutenu des policiers qui avaient mal fait leur boulot en critiquant les magistrats (remettant en cause des décisions de justice !) qui, eux, avaient bien fait le leur. de boulot.. la coupe était pleine... allez, dégage ! On tire la chasse... et qu'on le renvoie aux pays des roux (qui, je le rappelle sont des gens pas comme nous, ils ne s'intègrent pas, ils ne veulent même pas se teindre les cheveux, ni bronzer un peu ces salauds de profiteurs des blonds, des châtains et des bruns !)

mardi 14 septembre 2010

Larguez-le (réponse du berger à la bergère) !

(ah, fallait pas me lancer : t'es malade !!)

Je sais, ce papier va déplaire à un pote... (et aussi à Nathalie je crois...) mais tant pis :D.

Hier, vu que j'habite de l'autre côté des Pyrénées, je ne suis pas allé voir Fabrice Luchini au Théâtre, dans sa lecture de Philippe Muray. Sans doute une magnifique performance de mémoire façon "Rain Man* des belles lettres" de l'ancien coiffeur**, impressionnant d'égocentrisme, navrant et pathétique. Je ne reviendrai pas sur son incapacité à m'intéresser qui le suit depuis bien longtemps.
En revanche, c'est une vraie machine à lire des livres cet homme-là, et sa culture n'a rien d'impressionnante dès lors qu'on l'aventurerait dans des domaines qu'il ne maitrise pas justement (la culture n'est pas que littérature/théâtre). Il n'est évidemment pas le seul, mais en tout cas le plus médiatique des jukeboxs à citations vivant.

Moi, assis très loin de la scène (les montagnes cachent tout), je m'en foutais totalement. Je n'ai pas pu entendre son catalogue (anôné avec force effets prosodiques gras, regards exorbités, "secouages" pseudo-épileptiques de tête, pauses ahuries bouche close et yeux fixes dans le vide) de références d'auteurs, de textes, de poèmes... de même eût-il parlé de personnages de films, de livres, de théâtre... Cela doit être très chiant d'entendre tout ça, on se dit qu'on vient d'éviter avec brio et fierté l'entrée dans un monde qui, oh que oui, n'est pas le mien.... et l'on se rassure à ne pas avoir sa "culture"... troublant, effrayant... euh, effrayant oui...***

Moi je me décommande.

Désolé, Doriolphe, encore un personnage que nous ne partageons pas.... ahah.


____

J'explique mon aversion luchinienne parce que c'est pas tout de dire qu'on n'aime pas les gens. et avec Luchini je suis assez définitif en général ! Je suis passionné dans l'amour que je porte aux gens autant que je peux l'être dans le rejet que m'inspirent d'autres. Je ne connais pas la différence d'essence goldmannienne entre gris clair et gris foncé.

*Pour moi son prétendu génie tient d'une réelle pathologie, comme ces fous géniaux qui peuvent calculer la racine cubique d'un nombre à 15 chiffres ou autres savants dérangés qui connaissent en un regard le nombre de M'n'M's dans un pochon de 300gr. C'est une forme d'autisme sublimé. Je me suis souvent demandé si ce Monsieur savait parler en improvisant sans citer ou Guitry ou Mauriac ou Faulkner ou Monstesquieu ou Machado ou Rousseau ou Liebniz ou Tchekov ou Bandello ou De Musset.  Lorsqu'il veut faire "d'extraction humble" il vocifère comme un clown pour "son public" quelques strophes gazeuses du plus mauvais Johnny ou quelques refrains enroués d'un Adamo beaucoup plus humble que lui. Le Fabrice n'est pas qu'un intello mesdames, il sait se mettre au niveau du peuple : du moustachu biker et de la gentille belle-mère. Il aime les choses simples. Cela me rappelle cette folle de Mathilde Seigner capable des saillies les plus réacs (j'ai envie d'entonner "Maréchal nous voilà" quand je lis certaines de ses interviews) et qui s'enflamme sur du Claude Barzotti, pensant que c'est ça être simple : préférer Barzotti à Mozart par exemple . Pourtant c'est Mozart qui est popu, que tout le monde connaît... pas Barzotti dont on agite le nom presque en se moquant de lui.

**Je n'ai rien contre les coiffeurs. Mais disons qu'à chaque fois, quand il le peut, l'énergumène pour encore faire plus "peuple" et moins élitiste "je me la raconte" (et surtout self made man dont on ne saurait oublier de louer la modestie et grandeur), rappelle, comme ça, sans l'air d'y toucher, dans des incises qu'il veut nous faire croire involontaires, qu'il a été aux temps jadis coiffeurs pour dame. A chaque fois on y a droit. Comme si les coiffeurs avant lui n'étaient pas cultivés peut-être... on peut couper les cheveux et se nourrir du monde, on peut être avocat et avoir un bagage de moule (j'ai des noms à donner : rappelle-toi la collègue Charlotte du lycée de Yves "pue de la gueule" Doriolphe)

*** Ce que je n'aime pas chez Luchini c'est qu'il me met mal à l'aise. Notamment quand il est invité sur des plateaux télé il ne peut s'empêcher de tirer la couverture à lui et je trouve ça vraiment irrespectueux de ceux qui l'entourent dans les émissions où on l'a convié. Sitôt X ou Y parlent de leurs projets, il ne peut s'empêcher de faire le show en prenant appui dessus, d'oublier l'écoute des autres et de partir en un one man show insupportable, et long, long, long... car il refait ce qu'il nous a montré déjà 100 fois, à base de "Comme le dit bidule...", pour enchainer - en gueulant l'index pointé sur son verre - sur un "Il y a du génie chez Annie Cordy" et de faire semblant de le démontrer pendant 10
minutes juste parce que ça fait "décalé" (on pourra remplacer à loisir Annie Cordy par Susan Boyle, Richard Virenque, Vincent Lagaf, M. Pokora, Le Père Fouras...). Je trouve, de fait, que c'est un fainéant car il ne se renouvelle jamais et que donc son "art" tient beaucoup plus de l'automatisme, de la froideur technique rassurante, que du talent, du réflexe pavlovien tourné vers la propre vision qu'il a de son (supposé) génie. Pour moi il est une imposture et j'ai connu quantité de gens, au moins une poignée allez !, qui avaient autant de culture que lui mais qui ont toujours eu l'élégance de ne pas l'imposer urbi et orbi avec des suspensions remplies d'autogloriole. En plus, mais là c'est encore plus
subjectif, je ne l'ai jamais trouvé si bon acteur si ce n'est dans "Ridicule", un rôle taillé à sa mesure (pas parce qu'il était ridicule mais parce qu'il jouait un peu son propre rôle). Pour moi, dans le côté systématique de ce qu'il fait, jamais renouvelé, et dans la démesure de son amour pour lui il est dans la même cour que Mickaël Youn, ils usent des mêmes ressorts... mais comme Youn parle dans un haut-parleur à poil en balançant de la flotte et que Luchini versifie en verlan du La Fontaine, l'intello c'est l'ex-coiffeur proche du peuple, humble et simple, parce qu'il aime Johnny... comme Jean-Pierre Raffarin. ;-)

vendredi 30 juillet 2010

DEGAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGE SALE ETRANGER !



Espèce de délinquant d'origine étrangère, toi et ta femme d'origine étrangère : dehors !!!! A force de lécher le derrière de tous les extrémismes, de tous les populismes, c'est pas étonnant que tous ses mots sentent la merde. Je n'en peux plus de ce con. Je suis aussi content de partir de l'hexagone pour ça. A ce rythme-là, on va bientôt demander aux mêmes femmes qu'on va forcer d'enlever le voile d'arborer un croissant blanc sur leur chemise ou une croix sur le front. Pendant ce temps-là le forcément honnête Woerth souffle, pendant ce temps-là Hortefeux (ministre condamné par la justice de son pays... pour propos raciste) transpire de bonheur. Putain, mais les gens vont se réveiller ? Non... ils voteront une deuxième fois pour lui en 2012. Moi, ouf, j'espère assister à ce spectacle en mangeant des tapas. Et on pourra revoir Kadhafi planter sa tente...

jeudi 22 juillet 2010

Enlevez les "s" !!!! MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE !

Suis-je clair ?

Oui, parce que quand je parcours la toile, que je lis des articles ici ou là, on le voit toujours au coin du mot ce putain de "s"... ce "s" qui n'a aucune raison d'exister et que pourtant tout le monde met partout. Ce "s" qui me rend presque zinzin surtout quand j'en vois donner des cours d'orthographe/grammaire dès qu'ils le peuvent au détour d'un forum, d'un blog, d'une communauté quelconque... ce sont souvent ceux-là d'ailleurs qui raffolent de ce putain de "s" qui ne doit pas exister... Alors, merde, une bonne fois pour toute :

ON NE MET PAS DE "S" A L'IMPERATIF POUR LES VERBES DU PREMIER GROUPE A LA DEUXIEME PERSONNE DU SINGULIER, QUAND ON TUTOIE...

C'est si difficile à retenir ?
Quelques exemples :
"Mange ta soupe"
"Ne perce pas la planche"
"Nettoie l'écran"
"Casse-toi pauv' con !"
"Ne pleure pas non, ne pleure pas, tu as, tu as toujours de beaux yeux"
"Continue comme ça"
"Ferme la porte"
"Assure-toi d'avoir toi-même correctement écrit tes mots avant de flinguer les autres"

C'est tellement plus joli sans "s"... et je m'adresse donc à tous ceux qui font des tonnes de remarques sur l'orthographe des uns et des autres, défonçant la gueule du premier qui ne sait pas écrire correctement "proparoxyton". Il y a des règles de grammaire qui datent de quand vous avez appris à lire et écrire... avant de se lancer dans un battle Bescherelle, balayez devant vos portes et, for Godsake, enlevez-moi ces "s" que nous ne saurions voir.

Arf, ça fait du bien !
 

mardi 8 juin 2010

Au secours : c'est bientôt la Coupe du Monde !!! Aaaargh !



Putain, ça y est : dans 3 jours ça commence... des matchs tous les jours, ouh la la la... ça va squatter l'antenne... rien que d'y penser j'ai la gerbe !!! Mais qu'on me comprenne bien, pas de méprise : moi je suis content, c'est cool. Juste que ça va être insupportable d'entendre pendant un mois les anti-fouteux... entre les philosophes des coins de rue qui vont dire que le foot c'est qu'un jeu d'idiots qui courent après un ballon ("on n'a qu'à leur en donner un à tous, ils seront contents...arf...arf..."), les "Che Guevarra" du jeudi qui disent qu'il y a plus grave dans le monde que de participer à la Coupe du Monde de foot parce que "hey on meurt encore au Honduras et qu'on le dit pas", les quelques femmes qui disent "han, les mecs ils nous bassinent avec leur foot, il y a que ça pour eux" mais qui nous font chier avec les saisons 842 de "Sex and the City", "Desperate Housewives" (capables d'envoyer des courriers enflammés à "Télé 7 Jours" pour s'indigner de la non diffusion de l'épisode 8 de la saison 4 en temps et en heure) ou autres conneries de midinettes, les autres qui théorisent sur la bêtise des footballeurs en même temps qu'ils se paluchent en regardant avec appétit n'importe quelle nullité de la télé-réalité... bref, je m'attends à un florilège de poncifs débiles anti-foot habituels qui font rarement honneur à la présupposée finesse de ce qui les assènent. Ben oui, le foot c'est chiant, c'est une dictature imposée à ceux qui n'aiment pas ça... mais le reste du temps, il y en a aussi qui aiment ce sport malgré tout et qui ont le droit de ne pas aimer "Lost", "Les experts", "Heroes", "Plus belle la vie" ou Greenpeace dont on parle à longueur d'année. Quand la Coupe du Monde de foot arrive on assiste juste à un changement de dictature... c'est tout, et forcément la junte qui subit le coup d'Etat pleure un peu de perdre les pleins-pouvoirs !

dimanche 30 mai 2010

La Turquie


La Turquie n'est pas totalement géographiquement en Europe, mais une partie est en Europe... donc la Turquie est en Europe, est une nation européenne. Ras-le-bol de lire à droite et à gauche que ce pays n'est pas en Europe... c'est tellement évident de dire qu'à partir du moment où même une bande de 3 millimètres est sur un territoire ladite partie fait partie du territoire... c'est tellement bête de souligner pareille évidence. Bref, une bonne fois pour toute la Turquie fait partie de l'Europe bande de cons ! Les millions d'explications fumeuses pour tenter de me dire "oui mais c'est qu'on n'a pas grand chose à voir avec la culture turque, c'est plutôt au niveau de l'histoire quoi, tu vois, vieux...". Je rappelle que la France, par exemple, a beaucoup plus partagé son histoire avec des pays comme la Turquie (échanges commerciaux, relations diplomatiques depuis des tonnes de lustres) qu'avec la Norvège ou la Bulgarie et que donc même "culturellement" ce pays est plus proche de nombreux autres bien sagement rangés dans l'Europe sur la carte. Istanbul, la plus grande ville du pays, est située dans sa quasi-totalité en Europe géographique, et environ 20% de la population turque vit sur le sol européen... alors merde, peut-être que la Turquie n'est pas complètement européenne mais elle est aussi européenne, je ne comprends pas pourquoi ça fait si mal au cul de certains de nous donner des leçons d'une géographie et géopolitique qu'ils ne connaissent pas. Putain, cultivez-vous avant de balancer des avis de cacahuètes-Ricard ! C'est comme dire que quelqu'un qui a la double-nationalité franco-canadienne n'est pas français parce que pas complètement français. Ben si, je suis désolé, il est et français et autre chose, n'en déplaise à tout ce que l'on pourrait me dire. Un mec con et cul-de-jatte n'est pas moins con ou moins cul-de-jatte qu'un con entier ou un cul-de-jatte qui aurait l'outrance de ne pas être con.

Voilà... ras-le-bol des raccourcis débiles qui s'appuient sur du rien. Non mais, merde !

vendredi 23 avril 2010

Pris en otage par les anti-grèves et anti-grévistes !

S'il y a quelque chose qui véritablement me casse les bonbons, et depuis des années jusqu'à me faire baver de folie et de rage, ce sont ces "français-qui-travaillent-plus-que-toi" qui vomissent sur les grévistes et protestataires de tout poil. Qu'ils aient 18 ans ou 74 printemps, je les abhorre. Je pense qu'ils ont à peu près autant de finesse que les cacahuètes qui remplissent l'estomac des piliers de bar-PMU dont ils empruntent la même philosophie. Il en est ainsi qu'il existe toujours une masse grégaire d'intellos des trottoirs pour nous expliquer que la grève "c'est injuste, c'est dégueulasse" et pour orner leur propos des milles anecdotes du "je suis arrivé en retard à mon boulot à cause de la grève et mon patron a pas apprécié" ou le fameux  et lyrique "avec ces grèves, ceux qui veulent travailler, ben on est pris n'en n'otage, bah elle est belle la Fraaaaance, tiens !". Tout ça avec un faciès déformé par une haine rentrée.

A chaque fois je me dis : est-ce qu'ils comprennent vraiment ce qu'il se passe dans leur pays ou font-ils semblant d'être complètement cons ? A croire qu'ils pensent que la grève est un outil jovial et masturbatoire pour saler un peu le quotidien des fainéants (cheminots, profs et fonctionnaires en général). Déjà, il me semble de bon ton de re-préciser que la grève est légale, que ce n'est pas en soi un procédé de "chantage" mais un procédé de "pression" (non, ce n'est pas pareil...). C'est aussi, et arrêtez-moi si je me plante, le seul moyen pour un salarié ou un employé de secouer le drapeau du "oh, tu m'écoutes là maintenant ?". Oui, la grève c'est d'abord la conséquence d'un échec à toute tentative de dialogue. Quiconque a un peu d'expérience dans le monde du travail sait très bien que la grève n'arrive que très rarement dans les discussions a priori mais qu'elle s'organise dans un a posteriori de constat d'immobilisme. Les gens qui travaillent ne sont pas plus idiots que ceux qui pensent travailler plus qu'eux, ils savent très bien ce que s'engager dans la grève veut dire : malaise à montrer à son patron, son supérieur, que l'on apprécie pas ses méthodes, malaise à montrer qu'on vit mal sa façon de travailler, envie de lui montrer notre désaccord et coupure des revenus (oui, encore une fois, sans relâche, je précise qu'on retire la paye journalière du gréviste pour chaque jour sans travail, c'est logique). Il m'est arrivé plusieurs fois de faire grève moi-même pour des motifs divers et à chaque fois on pense un peu à tout ça. La grève, oui, est un constat d'échec. Vraiment ça serait bien de penser que ce n'est pas une arme pour embêter le peuple laborieux de la France qui se lève tôt au rythme des infos de RMC.

Alors, oui, la grève des trains, du RER, des profs et tout le toutim ça pose problème, ça crée des troubles dans le pays. En effet, ça complique le trajet pour aller au boulot de plein de gens, ça en oblige d'autres à trouver un moyen de garder leurs enfants. Mais, justement, à voir le désordre que ça peut occasionner devrait faire prendre conscience à la belle France travailleuse que ces services-là sont indispensables, équilibrent le quotidien de tous... et qu'il est dommage qu'on s'en rende compte que quand ça ne marche pas. Quand des gens sont prêts à se priver de journées de salaire/traitement pour se faire entendre sur les conditions de leur boulot c'est qu'il y a un véritable problème. Depuis des années les cheminots lancent des mouvements de grève répétés. Les apôtres de Jean-Pierre Pernault voient en cela "une bande d'insatisfaits qui fait chier tout le monde" sans penser deux minutes que le problème vient aussi des gens au-dessus qui, manifestement, n'ont pas soit tenu leurs promesses, soit pas écouté du tout le mal-être de leurs employés. Pareil pour les profs, et je sais un peu de quoi je parle, ça fait des années que ceux-ci demandent plus de moyens (ça ne veut pas dire "on veut être mieux payés", il n'y a que les bœufs sourdingues pour comprendre ça !), plus de ressources humaines, pour exercer leur boulot dans des conditions juste décentes. Au lieu de ça on sucre des postes, ils se retrouvent avec des classes bondées dans des locaux qui vont leur tomber sur la tronche. Au final ceux qui trinquent ce sont les élèves et les parents à moyen terme... mais non, au lieu de ça, on ne pense qu'à sa petite gueule sur le moment.

Ensuite, je ne vois quel intérêt il y a à sans cesse cracher sur des gens qui essayent de tirer les conditions de travail vers le haut car tout le monde en profite au final. Celui qui chiale sans cesse parce qu'il va arriver 10  minutes plus tard chez lui à cause d'une grève des transports a profité, à la suite d'un long processus de conflits sociaux, des améliorations des conditions de vie et travail... qui peut être assez naïf  pour penser qu'on obtient quelque chose sans le demander ? Qui peut être encore assez dupe pour penser qu'on obtient facilement ce que l'on demande ? Ces gens-là vivent dans le monde des Bisounours attendant que d'autres gueulent à leur place, prennent des risques à leur place, pour mieux s'en offusquer. Un mot un peu précieux résume cela : la couardise. Si tout ce beau monde est offusqué par les mouvements de grève, qu'il pousse le raisonnement jusqu'au bout et demande à vivre dans les conditions d'avant les choses obtenues par certains mouvements de protestation. Ils bosseront 45 heures par semaine payés des clopinettes... le "bon temps" nous diront-ils sans doute...

Dans le même état d'esprit, rien ne m'énerve plus qu'un jeune couillon de 18-25 ans pleure parce qu'il y a grève dans sa fac... lui qui a le cul vissé dans des amphis pas trop inconfortables, qui peut envoyer des mails depuis la B.U. grâce aux ordis installés dans la salle de lecture. Ce petit couillon pense que tout a été obtenu grâce au pouvoir des fleurs et à la seule générosité institutionnelle. Je me rappelle moi ma fac de langues prête à nous tomber sur la tête avec ses amphis qui puaient, les banquettes qui se faisaient la malle, les profs qui "gueulaient" dans leurs micros car ceux-ci grésillaient en sourdine en plus. En 1995 il y a eu un grand ras-le-bol qui m'a fait défiler une douzaine de fois dans les rues de Poitiers, on demandait plus de moyens, on secouait les bras pour que le Ministère réagisse un peu... on était même encouragés par les profs de tout bord politique d'ailleurs. Suite à cela, sans que la fac ne devienne un pôle high-tech non plus, celle-ci a obtenu (en même temps que d'autres facs en France) des moyens qui ont permis la réfection des amphis, un apport de matériel décent, un équipement pour les étudiants digne de ce nom... et les étudiants d'aujourd'hui chialent parce qu'il leur manque des heures de cours ? Que dire de la santé d'un pays le jour où les jeunes n'ont même plus ce réflexe parfois exagéré mais toujours sympa de s'énerver un peu contre leur condition, contre les Grands ? Ben oui, aujourd'hui ceux qui posent leurs fesses sur des banquettes pas pourries, installées après les mouvements de protestation, gueulent comme des vieux séniles adorateurs de Thatcher. On croit rêver... ou cauchemarder ! D'autant plus que bien souvent ceux qui gémissent pour des heures de cours perdues sont les mêmes à sécher les cours qui ne leur conviennent pas. Car tout est devenu consommation, absolument tout. Je consomme du train, je consomme du RER, je consomme du cours de fac, du cours de lycée. Tu me dois mon cours à moi, tu me dois mon train, mon RER... j'en ai rien à foutre de toi car le service que tu me rends m'appartient, j'y ai droit. Et si j'en veux pas, c'est pas ton problème, moi je consomme. C'est presque un droit divin puisque je suis le Dieu de moi et toi  un sujet mortel dans ma sphère, à mon service à moi et pas au service de tous.

Quand on voit les choses évoluer comme ça, franchement, ça fait peur. Ce sont ceux qui te ferment la gueule dès la première tentative d'expression d'un malaise qui te demandent d'être plus compréhensif... et surtout donc d'aller chialer ailleurs parce que, eux, ils travaillent mieux que toi et sans se plaindre. Le problème c'est que si ces gens parfaites ne se plaignent pas au boulot, elles le font partout ailleurs.

Enfin, vraiment cette expression "on est pris en otage" est insupportable, je trouve que c'est le dernier des manques de respect pour ceux qui sont ou ont été dans l'angoisse de la vraie prise d'otage... celle où à chaque seconde on se dit que son ravisseur va peut-être nous buter. Il y a des comparaisons terriblement malheureuses. Ceux qui font ça sont les mêmes qui comparent n'importe quelle petite restriction à des méthodes de nazis.

jeudi 22 avril 2010

Une loi contre le port de la burqa ?

Quelques réflexions personnelles dont tout le monde aurait, certes, pu se passer sur le sujet.

1/ Tout d'abord l'idée qu'on puisse forcer (je dis bien "forcer" le mot à son importance, je m'expliquerai plus tard) une femme à se couper de l'extérieur, de la communication à travers un emprisonnement quelconque (ici il est "vestimentaire" et clairement ostentatoire) me révulse évidemment. Je pense en effet, comme la grande majorité, que l'émancipation totale de la femme, sa pleine liberté de vivre et de penser, ne passera jamais par ce genre symbole humiliant quoi qu'en disent les plus nuancés ou les plus furieux défenseurs de dogmes pour le moins obscurs et pas vraiment officiels de surcroit. De fait, oui, moi je vois le port de la burqa comme une véritable agression faite aux femmes et aussi comme une agression qu'on me ferait à moi. L'idée de pouvoir croiser quelqu'un complètement enfermé me met juste mal à l'aise parce qu'on me met son drame à la figure, parce que l'on m'oblige à observer une soumission (que ce soit celle à un Dieu, un mari ou frère fou furieux).

2/ Ensuite, étant un laïc féroce (ce que certains aiment à confondre avec antireligieux bouffe-curé irrespectueux) l'idée même d'ostentation quelconque d'une religion quelconque me provoque une sorte de petite rage intérieure. Je n'aime pas voir une petite croix sur un pendentif, je n'aime pas croiser des gens avec leur kippa, je suis pas forcément fan du voile non plus... tout ça contribue en fait, selon moi, beaucoup plus à marquer sa différence avec les autres qu'un attachement à des valeurs religieuses communes. Moi je suis de tel camp, toi t'es d'un autre : tu peux pas me comprendre. Ou au contraire : je suis comme toi, je fais les mêmes choses, serrons-nous les coudes et méfions-nous des autres. J'ai une vision très schématique de tout cela, je le concède, mais ça m'aide à me tenir à mes convictions. Donc dans le cas de la burqa on atteint des sommets du "je vous emmerde, je suis comme ça et seulement ceux qui m'aiment me suivent". Même si c'est rare, voir des bonnes soeurs traverser la rue ou faire leur course en "habit" m'agace légèrement. Ce n'est pas par manque de respect des religions ni par manque de respect des religieux mais je ne suis vraiment pas à l'aise avec les signes extérieurs de religion car il m'exclut d'une partie des gens, en quelque sorte.

3/ Cela dit, j'essaye de réfléchir et de me mettre à la place des gens que l'on montre du doigt et de remettre tout en contexte et de me dire à quoi servirait telle loi, quel serait son but. La première chose que l'on puisse dire c'est qu'en France le "phénomène Burqa" est beaucoup plus médiatique que statistique. En effet, d'après les chiffres officiels les estimations disent qu'entre 2000 et 2500 femmes portent la burqa en France... autant dire que c'est insignifiant et qu'en purs termes de chiffre ce n'est pas un "problème" en soi. Cela relève donc du symbole. Après, parmi ces 2000/2500 femmes combien sont réellement contraintes ? Ben oui, je trouve important de se poser la question. Je ne suis certainement pas naïf au point de penser que la majorité d'entre elles le font gracieusement mais il serait totalement bête de penser que dans le "lot" il n'y en ait pas qui s'habillent de la sorte "réellement" par convictions religieuses. On peut gloser ensuite avec provocation sur la "santé mentale" de ces quelques volontaires... mais après tout, personne n'est en mesure actuellement d'évaluer le ratio volontaires/forcées de porteuses de burqa.

4/ Me vient donc alors cette réflexion : pourquoi "empêcher" une femme qui le souhaite, par convictions religieuses, de porter la burqa ? Je trouve que c'est un point chaud. Sans arrêt je me dis que les plus fervents croyants d'une religion vivent parfois des drames dans le quotidien. A savoir que si pour eux Dieu passe avant tout, comment peuvent-ils vivre sereinement le fait que les lois républicaines (que personnellement je chéris !) soient au-dessus de leur Dieu ? Parce qu'il ne faut pas se leurrer : le croyant sincère aura toujours plus peur de son Dieu que du gendarme ! A choisir entre le terrestre temporaire pénible et l'éternel céleste possiblement radieux le calcul est vite fait. En d'autres termes, comment demander à des Musulmans très croyants de - en quelque sorte - mettre en veille ce qui les construit au quotidien, de mettre de côté ce qui à la fois leur donne espoir et leur fait peur. On préfèrera dans leur cas plutôt passer de sales moments au commissariat, se taire, plutôt qu'avoir des comptes à rendre avec le Divin. Alors oui, je sais bien qu'en France, c'est d'abord la République et je trouve ça essentiel à mon équilibre à moi en tant que citoyen de mon pays mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'autour de moi il y a des gens pris entre deux feux : celui de la raison républicaine (et laïque) et celui du religieux. Si l'on veut jouer aux bœufs binaires on peut s'en sortir par : "s'ils ne sont pas contents avec la République, qu'ils s'en aillent", écho de la magnifique saillie d'un nabot chef d'État priapique en campagne "la France vous l'aimez ou vous la quittez".

5/ Le problème est cette collusion terrible entre les lois des Hommes et celles de Dieu. Je pense que ce sont deux entités non conciliables et que tout mélange des genres devient dangereux. Nous avons connu un long temps ou le religieux s'occupait trop du séculier, de la vie quotidienne. Les choses ont commencé à aller mieux quand l'influence de la chose religieuse a décliné pour trouver un point d'équilibre tacite et entendu, une sorte de "no man's land idéologique", un "je ne dis rien mais je n'en pense pas moins sur toi" acceptable. Là, je pense que l'on risque de chambouler en quelque sorte cet équilibre, par effet de balance inverse, si l'on s'occupe de légiférer sur du religieux. Oh, je sais, je sais, on pourrait me dire que dans cette histoire il n'y a pas que du religieux et que même le religieux n'est qu'un prétexte de fous furieux pour soumettre les femmes. Je suis d'accord avec ça, sans aucun problème. Cela dit, il ne faut pas se refuser à voir qu'avec la possibilité d'une loi contre la burqa on grossit les traits les plus méprisables d'une religion et une seule religion : la religion musulmane. En ce sens, en dénonçant les méfaits d'un intégrisme coupable d'une religion on assimile beaucoup la religion à ses pires dérives.

6/ De fait tout cela donne beaucoup de grain à moudre aux extrémismes. Une loi sur la burqa ne fera qu'exciter ses plus fervents défenseurs, à remuer la merde elle vous éclabousse à un moment. Je suis presque sûr que l'éventuelle adoption d'une loi qui interdit purement et simplement le port de cette prison de tissu va déclencher un mouvement de retrait communautaire ; des modérés hésitants, qui parfois sentent très mal le regard que l'on porte sur eux à cause de leur religion, vont approuver le port de la burqa, en faire un cheval de bataille par une sorte de provocation ultime pour exprimer un ras-le-bol, dans une "sublimation" du "je n'ai plus rien à perdre". De l'autre côté, les fachos de tout bord, anti-musulmans de base ou chrétiens/juifs intégristes, vont faire de ce combat un symbole : une loi existant justifiera leur propos comme quoi la religion musulmane pose problème, auto-exclut ses croyants qui, par raisonnement en escalier, n'ont plus rien à faire sur le beau territoire si joliment républicain de France. En gros, ils se cacheront derrière cette loi pour exprimer leurs points de vue de manière plus sereine comme on se cache derrière une barricade pour éviter les pierres. Je trouve qu'une telle loi serait dangereuse à l'équilibre déjà fragile des communautés.
Ensuite, dans le cas des femmes qui sont forcées à porter la burqa, en quoi une interdiction "formelle" résoudrait le fond de leur problème ? Très bien, on peut interdire de leur faire porter cette chose mais que deviennent-elles ? Est-ce que cela fera réfléchir pour autant ceux qui les ont forcées à s'habiller comme ça ? Vont-ils soudain prendre conscience de quoi que ce soit ? Seront-ils plus compréhensifs, aimants, respectueux avec leurs femmes ? Franchement c'est de l'ordre de l'utopie. Quelque chose me dit que si une femme forcée à porter la burqa jusqu'ici ne pourra plus la porter et bien : on l'enfermera chez elle. Point. Elle ne sortira plus, on ne les verra plus et le drame se jouera à l'intérieur des murs sans qu'on ne sache rien. Une loi contre le port du voile intégral ne défend en rien les femmes, elle sert surtout à ne pas heurter la population qui - comme moi - est mal à l'aise à l'idée de croiser une femme en burqa. A ce niveau, au risque de passer pour un provocateur terrible, la burqa avait un rôle : celui de nous alerter sur le sort de certaines femmes musulmanes ! C'est parce que certaines portent la burqa que l'on s'interroge sur l'éventuelle vie familiale qu'elles ont, sur la soumission éventuelle et scandaleuse à leur entourage masculin. C'est justement un signe extérieur de souffrance. Au lieu de ça, de s'interroger on préfère supprimer une inconnue à l'équation... "ni vue, ni connue"... "cachez-moi ça, ça me fait peur... qu'elle en bave mais sans qu'on le sache, s'il vous plait"...

7/ Ce que je vois aussi c'est évidemment une manœuvre politique. Le problème de la burqa est un symbole, un épouvantail à agiter, pour cacher d'autres problèmes beaucoup plus graves comme la précarité galopante, le chômage, l'exclusion sociale et la démission totale des gouvernants à avoir une vraie politique éducative. Souvent, par boutade, je me suis dit qu'on s'occuperait plus des chômeurs ou des lycéens s'ils portaient une burqa ! Deuxième temps de la manœuvre, c'est le caractère politicien de la loi. En effet, vu les remous qu'elle provoquerait cela donnerait un magnifique champ d'expression à ce que l'on appelle pudiquement "la politique de la sécurité" qui n'est rien d'autre que de la politique populiste. L'art de nos gouvernants actuels pour allumer des feux, gonfler le torse en faisant semblant d'être les seuls légitimes à les éteindre est un jeu subtil. En créant le bazar continuel on se permet de faire semblant de résoudre les problèmes qu'on s'est posé tout seul... et on sait comment a été élu notre superbe président. Je pense que c'est tout simplement le premier acte de campagne de 2012.

8/ Alors moi, d'où je suis, derrière mon écran, très franchement je n'ai pas de solution mais je reste convaincu que celle qui pourrait être choisie serait terrible. Le pays a juste été incapable d'anticiper ces problèmes, on ne cherche jamais à dialoguer... que ce soit d'un côté ou de l'autre, tout le monde reste campé sur ses positions sans jamais chercher des points de compromis. Résultat : des femmes (celles qui sont contraintes) qui vivent très certainement mal d'être obligées de sortir complètement recouvertes sont, en plus, montrées du doigt dans leur état de musulmane incapable de réagir par rapport à la brutalité psychologique (voire physique) de leur entourage, et la brutalité "institutionnelle" d'un État qui ne sait plus trop quoi faire pour s'occuper d'elles. Je trouve ça terrible car véritablement le débat ne vient jamais en aide à ces femmes-là que finalement on exclut beaucoup plus encore que l'on ne défend... Si je conçois que quiconque vient habiter dans un pays différent du sien doit faire des efforts d'adaptation ("d'intégration" comme on dit) pour se fondre dans le moule, je ne pense pas qu'il soit simple de s'adapter si tout le monde nous regarde de travers, encore plus si c'est à cause d'idiots dont je ne revendique pas forcément la façon de penser. Enfin, je pense qu'il serait de bon ton de rappeler que l'on ne quitte jamais son pays sans une forme de souffrance, laisser ses racines derrière soi doit être quelque chose d'extrêmement difficile à faire : c'est quand on n'a pas le choix que l'on s'en va, c'est quand on ne trouve plus rien d'autre pour fuir la misère. C'est angélique comme façon de voir mais c'est, à mon avis, la vérité. Les gens ne changent pas de pays, de culture, pour imposer la leur ailleurs, par esprit de conquête (ça c'est une vision qui a 5 siècles de retard) mais par instinct de survie. Alors oui, ce que l'on peut emporter c'est des morceaux de sa mémoire, de sa culture car on n'a plus que ça dans ces cas-là. Le problème réside dans le fait que l'on brandisse toujours les pires avatars de ladite culture pour justifier qu'elle n'ait pas lieu d'être ici ou là...

Et ces gens si prétendument attachées aux lois républicaines auront-ils l'envie et la même ferveur, par exemple, juste comme ça, de dissoudre toutes les organisations  chrétiennes bourrins anti-avortement ? Parce que ça aussi, me semble-t-il c'est une belle négation de la liberté d'être et de penser des femmes...