samedi 6 novembre 2010

Benjamin

Alors lui : pas touche. C'est un de mes chouchous de la scène française, j'avais carrément été emballé par ses deux premiers albums, même complètement affranchi au tarif normal et envoyé en courrier recommandé tellement j'avais aimé son style, son phrasé, son timbre (je file la métaphore et me doucher : zeugme) qui rappelle un peu Souchon... mais surtout c'est un auteur avec son "propre univers", bla,bla, comme disent ces feignasses de critiques musicaux. Ses chansons sont des histoires  (et pas des suites d'adjectifs et de mots resucés mille fois tels : rêve, croire, se battre, yeux, tendre, parodontal...etc), parfois douces, parfois amères, mais saupoudrées de cet humour sincère qui me plaît tant. Bref, nouvel album à se procurer de toute service pédiatrie... (aurez-vous saisi le caractère immensément drôle de ce dernier syntagme ?).

Red moon

Vous avez vraiment trop de chance de lire mon blog car la musique que je propose est trop classe en ces temps où Grégoire ose toujours sortir des albums (oui, oui, c'est du harcèlement gratuit contre un pauvre gars mais je suis choqué à vie par la médiocrité des gens qui le portent aux nues de la chanson française). Ici donc, un banc, une guitare avec des cœurs dessus, une madame tout le monde un peu enrobée avec une voix de pas tout le monde et petit groove sympa... moi ça me suffit pour passer la bague au doigt ! Bref, Sonia Montez est une artiste folk new-yorkaise parmi tant d'autres mais avec ce petit je ne sais quoi sautillant et frais que j'aime.

vendredi 5 novembre 2010

Se prendre la moule en photo...

Une vue de Vadiello (Espagne, Aragón).

Petite anecdote sympatoche. Alors que dimanche dernier, un collègue, une pote et moi nous promenions dans la Sierra de Guara à Vadiello à 25 km de Huesca, nous sommes tombés sur d'étranges panneaux, répétés tous les 500 mètres nous avertissant d'un danger terrible : "¡ atención al mejillón cebra !" ("attention à la moule zébrée")... avec des dizaines de consignes à respecter pour ne pas se faire avoir. Apparemment ce machin-là c'est pire qu'un puma enragé. Il faut y faire très attention, paraît que ça attaque la coque d'un bateau parce que c'est chargé de toxines ou je ne sais quoi. Ce qui nous a fait marrer c'est que ça paraissait dérisoire, totalement exagéré de mettre autant de panneaux pour une histoire de bête à coquille. Alors du coup, tous les trois, on s'est amusés à délirer sur des attaques de mejillón cebra... genre "ça te bouffe un troupeau en 2 minutes", "mets pas les pieds dans l'eau, tu ne les retrouverais jamais", "ça saute sur ta bagnole et ça ne te lâche plus"... bref... alors quand en plus on voit la gueule stylisée de la bête sur les fameux panneaux, on ne peut pas s'empêcher d'exploser de rire : on dirait une "moule castagnettes" voire une tique géante. Nous continuons notre balade tranquilles puis revenons à la voiture non loin d'un panneau... et là, la pote nous sort avec un aplomb à faire trembler un taliban pas matinal, deux points, ouvrez les guillemets :

"Il faut absolument que je me prenne la moule en photo !"

???!!!!

(euh, là, comme ça, tout de suite ??)

Parce que je suis salace et que je réagis au moindre stimulus, j'ai demandé à la pote de bien vouloir répéter clairement, distinctement et à haute voix ce qu'elle venait de dire de claironner avec urgence et assurance... évidemment gros fou rire. Le collègue et moi-même nous sommes évidemment proposés de l'aider pour accomplir la mission en lui disant de se mettre à l'aise, qu'on allait tout faire pour qu'elle ait une belle photo. Bon, il s'est avéré qu'elle parlait du panneau mais la méprise était tout de même compréhensible. Voilà, ça fera un truc de plus à raconter à d'autres gens pour mettre la copine dans l'embarras au détour d'une conversation... quoique, c'est pas le genre de trucs qui l'embarrasse. Mais en tout cas, une sacrée rigolade que ce "mejillón cebra" !

 La fameuse photo de la moule qu'il fallait absolument prendre !

Lieutenant Kijé, Romance

Un morceau de classique pour une fois, la Romance du "Lieutenant Kijé" de Prokofiev. Ceux qui ont l'oreille attentive et un brin de culture musicale reconnaitront un thème réutilisé par Sting dans son excellente chanson "Russians" (la meilleure écrite sur la stupidité de la guerre froide et du discours belliqueux qui la nourrissait).

Recherche désespérée du melocotón...


"El melocotón" signifiant "la pêche" (le fruit) en espagnol, j'ai du mal à la trouver. Je commence l'écriture de cet article dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 novembre, enfin disons qu'on est déjà bien vendredi vu qu'il est 4h20 du matin... histoire de dire que je n'arrive pas à dormir. Cela s'explique par plusieurs raisons mais surtout par le fait que je passe mes nuits à tousser sans discontinuer. Je suis retourné chez le médecin mercredi, même topo que l'autre fois. Cette grosse conne de Docteur Bara n'e pas jugé utile de m'examiner et m'a juste sorti (drôle de mentalité) qu'elle ne me ferait pas d'arrêt maladie. Je devais avoir une tête à demander des arrêts maladie sans doute mercredi. Il a fallu que je lui explique que tout d'abord j'aimais mon boulot et qu'ensuite j'étais aussi malade le week-end et autres jours fériés, que je n'en profitais pas vraiment. Elle n'a pas écouté mes poumons, toujours rien fait.

Cela fait depuis environ le 15 septembre que je suis malade, gros rhume puis sans doute une espèce de grippe après et là un truc genre rhino-pharyngite qui me pompe une énergie terrible. Mais le fait d'être en mauvaise forme depuis 7 semaines commence à jouer aussi sur mon moral, à force de mal dormir et de voir que je n'arrive pas à passer trois jours de rang sans être fatigué. Je me rends compte qu'on ne m'a jamais soigné, qu'on me prête des intentions fausses...

Alors quand je philosophe à ma façon, je sais que tout ça est un monumental retour de bâton de l'année précédente. La dépression n'est pas qu'une torture mentale mais également une saloperie qui vous ruine la santé. Avoir vécu des mois et des mois dans le stress continuel à lutter contre soi, ses idées noires, son mal ont endommagés la machine, le moteur. Je suis arrivé en Espagne avec une vraie envie mais aussi complètement sur les rotules. Plein de choses dans ma vie quotidienne actuelle me rappellent que je suis encore "fragile" à peu près à tous les niveaux et qu'il faut que je reste lucide à tout point de vue.

Tout va mieux mais tout ne va pas pour le mieux. Je ne peux pax résoudre des trucs complexes qui ont touché à mon autoestime, à divers sentiments d'abandon, de mépris, de souffrance en deux mois, comme ça, juste parce qu'un élément positif est intervenu (heureusement) dans ma vie. J'aimerais que ça aille plus vite, que les handicaps sociaux s'effacent, que ma méfiance et ma lourdeur s'envolent mais je me rends compte que je n'y arrive pas encore complètement. Et ce truc sur la santé c'est la partie émergée de l'iceberg.

L'amie qui m'a "accompagné" en terme d'empathie véritable tout l'an passé est venue le week-end de la Toussaint sur 4-5 jours pour nous voir un collègue et moi (comme je le racontais dans un récent article). A chaque fois ça "me fait quelque chose" de la revoir, on en a déjà parlé d'ailleurs. Je suis content de la voir mais en même temps il y a aussi une forme de douleur et appréhension puisqu'elle est une partie de mon histoire de l'an passé et est la seule à m'avoir vue dans des états "à la limite". De son côté, je sais que si elle "se refuse à se refuser" de me voir, il lui en coûte beaucoup. Même si les choses, les relations, "s'allègent" et que la relation peu à peu redevient juste "amicale" et pas seulement "malade"(moi)/"psychiatre"(elle), je me suis rendu compte par rapport à mon ressenti à sa venue que les choses n'étaient pas réglées pour moi. Je sens que j'ai toujours un peu besoin d'aide, que je suis quand-même la bête blessée ; si j'analyse certains moments depuis que je suis ici parfois je me rends compte que je suis encore "en décalage" par rapport à une vie "normale". La nature de nos relations avec cette pote fonctionne comme le baromètre de mon mental en quelque sorte et sa venue m'a fait revenir comme un boomerang à la tête que j'avais encore du chemin à faire pour être complètement redevenu moi.

Alors quand on ne dort pas, qu'on est malade depuis de longues semaines et que l'on fait un peu le bilan comme ça parfois on se décourage un peu. Pas de ce découragement que j'ai connu par le passé mais il y a des moments qu'on vit moins bien que d'autres. Je sais que si la santé suivait ça arrangerait pas mal de trucs aussi. Heureusement j'ai la chance, pour le moment, d'aimer ce que je suis venu faire ici. Il est 4h50, j'embauche dans je ne sais quel état à 9 heures, il me reste peu de temps pour faire ma nuit...

mercredi 3 novembre 2010

The ghost of Tom Joad

Si ça c'est pas magnifique, continuez de vous palucher sur Raphaël... et (re)lisez Les Raisins de la Colère, ça peut aider.

mardi 2 novembre 2010

Malibu

Chanson écrite par Billy Corgan (Smashing Pumpkins) pour le groupe de l'éternellement présentée comme la veuve de Kurt Cobain. On y retrouve indéniablement la "patte" du monsieur au crâne rasé.
"Crash and burn
all the stars expload tonight
How'd you get so desperate
How do you stay alive
help me please
burn the sorrow from your eyes
oh c'mon be alive again
don't lay down and die

Hey hey
you know what to do
Oh, baby, drive away to malibu

Get well soon
Please don't go any higher
How are you so burnt when
You're barely on fire
Cry to the angels
I'm gonna rescue you
I'm gonna set you free tonight, Baby
Pour over me

Hey, hey
We're all watching you
Oh, baby. fly away to Malibu

Cry to the angels
And let them swallow you
Go and part the sea, yeah, in malibu

...And the goes down
I watch you slip away
And the sun goes down
I walk into the waves
And I knew
Love would tear you apart
Oh and I knew
The darkest secret of your heart
I'm gonna follow you
Oh baby, fly away, yeah , to Malibu
Oceans of angels
Oceans of stars
Down by the sea is where you
Drown your scars
...I can't be near you
The light just radiates
I can't be near you
The light just radiates..."

L'ambiance à vif - XLVIII

[...] Tout juin ressemblait à août.
Et tout ce qu'il y avait entre les deux.[...]
© p.o.v.

Fais comme l'oiseau... !

Quand on me connaît personnellement, quand on me "suit" depuis des années, ce que je vais raconter n'a aucune dimension étonnante, franchement.
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Toussaint, ouais ! Youpi, 3 jours de congés et en plus une amie (oui, oui, de ces fameuses-là qui ne vous laissent pas tomber ni ne se la jouent silence-radio incompréhensible) en vacances en France venait nous voir un collègue et moi en la cité espagnole où je vis. C'était bien sympa, ça me faisait drôle de voir la pote en Espagne bien qu'elle fût elle-même prof d'espingouin, on changeait de décor. Bref, à 3 on a un peu bougé partout pendant ces 3 jours (excepté le samedi où j'ai abandonné l'équipe qui allait à Zaragoza pour faire les boutiques et que je ne suis pas fan de Zaragoza ni des boutiques !). Le collègue devant travailler lundi nous proposa à la pote et à moi d'aller faire un circuit simple de randonnée autour des Mallos de Riglos, un site somptueux, accidenté mais touristique. On a dit banco et avec Yaoule, nous voilà partis vers 11h pour le petit parcours. 40 bornes en voiture et après, normalement, 2h30 de marche. Sur le dessin ils nous disaient de suivre les balises bleues... ok, va pour les balises bleues alors.
Mallos de Riglos (Espagne, Aragón, novembre 2010) © p.o.v.

On démarre, la joie au cœur en respirant l'air et le paysage, ça commence à grimper, à s'accidenter un peu mais on n'est pas des rigolos on s'avance fièrement vers les Mallos. On alterne entre chaleur à crever en plein soleil et grands moments de froid à l'ombre avec un putain de vent à décorner des bœufs indécornables. Rien ne semble empêcher la progression du fier duo franchouillard mais hispanophile, dans le doute et voyant se raréfier les balises nous demandons à nos condisciples espagnols que nous croisons de nous indiquer le chemin s'ils le connaissent. La plupart ne le connaissant pas il me semble adéquat d'utiliser cette expression que je n'ai pas employée depuis février 1996 : "nous étions grosjean comme devant". Mais on continue à progresser parmi les ronces, les caillasses et à siroter du regard la magnifique vue qui nous est offerte.

Puis à moment, Ya se promène près du ravin et se mange une bourrasque diabolique en pleine tête, de celle qui transforme les planches à voile en satellites météo et vous place en orbite direct. Voyant la copine dangereusement partir le cul en arrière dans le précipice, j'utilise ma virilité brachiale pour la retenir et lui permettre de prolonger un peu sa vie ; elle qui veut avoir des enfants une chute de 50 mètres dans le vide est fort peu recommandée. Mon geste de bravoure façon "reste avec moi mignonne" a eu pour conséquence drôle mais pénible de voir mes lunettes sortir comme un Mirage 2000 depuis un porte-avion en bon état. J'ai pu assister pour la première fois de ma vie à un émouvant envol de lunettes... bel oiseau aux yeux de verre et aux ailes branchues (faites d'un alliage mystérieux de plastiques et autres molécules savantes). Prises dans le tourbillon de la vie et surtout celui du vent, mes lunettes voyagent au-dessus du précipice, narguant le vide de leur liberté retrouvée, elles qui étaient enchainées au lobe cartilagineux d'oreilles propres mais qui en avaient tellement entendu au temps jadis...

Me voilà transformé en René la Taupe, et pour le coup je suis mignon mignon mignon mais gros... et sans lunettes. Tout ça pour sauver une amie d'une belle cascade de cinéma. Je m'en rends compte qu'au jour le jour il m'aurait été plus simple de laisser tomber l'amie, j'aurais été triste mais j'y verrais vachement plus net au moment où j'écris cet article. La fin de la randonnée, je l'ai vécue façon vision LSD des débuts seventies. Je rappelle que le chemin était mal balisé et que donc, fatalement, nous nous sommes perdus, ça me semble évident ! Nous sommes montés trop haut, je ne sais pas comment on s'est débrouillés pour prendre un autre chemin mais le périple "originel" de 2h30 s'est transformé en une "odyssée" de sang et larmes de 5 bonnes heures ! Ma pote et moi avons tour-à-tour pété les plombs, elle parce qu'elle se sentait perdue, moi parce que je voulais péter la gueule au ventilo géant qui, en plus de me piquer mes lunettes, me soufflait un froid glacial dans le dos, séchant ma transpiration dorsale et mes illusions. 
 Vivante, au prix d'une paire de lunettes... arf... © p.o.v.

Arrivés à "bon port", au soulagement s'est unie la fatigue. On n'a même pas eu le courage d'aller manger, on est rentrés chez nous direct pour nous reposer non sans avoir avalé un breuvage bulleux à base de paracétamol et de rage. Le 3è acolyte qui nous avait conseillé ce circuit mérite au moins la garde-à-vue... "vue" si je puis dire. Me voilà sans lunettes avec un dossier ophtalmo en France à Tours et ma vie en Espagne. Bon courage à moi pour me refaire faire une paire assez vite !!!