mercredi 12 mai 2010

La thérapie de la haine

La thérapie par la haine puisque l'amitié ne marche pas. Sublimation de la colère et de la destruction, gigantesques cognées de poing sur la table. Apprendre à détester pour oublier, homéopathie de l'urgence, vaincre le mal par le mal. Faire le mal pour détruire le mal. Se retrouver une autre conscience en perdant ses scrupules puisque la bonne conscience ne sert à rien, n'est que le repos des autres et creuse ma fatigue. Appels dans le vide, couardise du refus, surdité non assumée, yeux détournés, autisme du sentiment. Promesses en l'air, discours sur discours sur discours sur discours. L'absence en coup de grâce, la répétition inutile des suppliques, m'être abaissé au dessous de toute dignité jusqu'à en saigner dans la tête. Septembre, octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars, avril, mai. 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, Zéro. Boum ! Tous ces mois qui frappent à la gueule, le vent de mes mots inutiles, les cris dans le vide, le cynisme des amitiés feintes. Tout détruire, tout puisqu'il est impossible de construire. Folie des quatre murs, folie du silence. M'avoir fait croire, m'avoir fait croire, ménager les égos, me mettre à la place, toujours me mettre à la place. Devoir comprendre les uns, les autres, toujours. Faire preuve de mesure, ne pas flancher, moi j'ai tenu mes promesses. Plus personne autour, plus personne dedans. A jamais. Fausses peurs, vrai égoïsme, nourricières du feu, de la guerre, du désordre. Paresse et mensonges au secours des incapacités à mettre les yeux là où ça fait mal, à mettre les mots là où ça ferait du bien. Tous, dispersés, dans les excuses idiotes mâtinées de l'irrespect à mon intelligence, emmêlés dans vos centres de vous, je n'ai jamais marché sur vos pieds, et l'exigence ne m'a jamais habité, ni le harcèlement. Aucune récompense à cette discrétion, maintenant explose la rage. Il est trop tard. Je vous déteste, je vous déteste tous pour vous oublier. Seul au fond de moi brillent encore les éclats (seules voix à affronter les peurs-prétextes inspirées de mes ténèbres, "raccourcisseurs" magiques de distance, air et repos) de ma reconnaissance des métaphoriques prismes, confectionneur de tiramisu, employeuse en BTP freelance et autre caniche briviste que j'aime fort, seconde mère, et à qui je n'ose dire qu'elle ne doit pas porter sur ses seules épaules la charge de me sauver la mise. Une personne ne saurait prendre la place et le rôle que tous pouvaient se partager, que mes alertes tentaient de distribuer maladroitement ; février, mars, avril, mai, piqûres décisives, poisons mortifères de l'indifférence, l'inutilité et de l'abandon. Peur idiote de m'entendre dire ce que je ne dis pas, mieux vaut prendre le risque de me voir devenir fou. A jamais, n'ayez crainte. Personne ne peut être à ma place, pis encore : personne n'a essayé de s'y mettre. Sans cesse avoir essayé de comprendre ceux qui n'ont jamais essayé de le faire, enviant sans doute ma position. A jamais, n'ayez crainte. Plus de promesses, plus de discours, plus d'il y aura, plus d'on aurait dû, plus de je suis désolé. Stop à la cruauté et à l'hypocrisie, sales armes. Trouillards lâches et égoïstes, qu'il vous arrive la même chose pour que vous creviez aussi la gueule ouverte avec mon regard en souvenir et la pierre de la fronde glaciale de ceux qui vous font plantée dans le dos. Je veux être tranquille. Maintenant, hier comme aujourd'hui, de la poudre et du gaz, juste de la poudre et du gaz dans la tête, dans les yeux, dans les veines. La thérapie de la haine, de la haine.

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