lundi 19 juillet 2010

Contacts ibères


Bon, ne voyant rien venir telle Anne, ma sœur Anne, qui surveille l'arrivée de La Barbe Bleue (oui, je fais des vannes pour personnes cultivées... pour Bigard et porteurs de mocassins de l'U.M.P. - voire pire : ceux qui ont "cru" ah ah ah ah, j'en pleure de rire, en Bayrou - s'adresser au bureau d'à côté je vous prie), j'ai moi même décidé de passer dans la dimension ouverte par le 00 34 (indicatif pour appeler l'Espagne)... c'est-à-dire que j'ai passé un telefonazo - un coup de fil - au servicio provincial de Huesca, futur ville où je couperai mes ongles de doigts de pieds (tu vois, je ne t'oublie pas ami bigardophile !). J'avais un peu préparé mon speech, un brin formel mais poli "à la française", pour demander enfin des renseignements pour la rentrée prochaine, où, quoi, comment, dónde, qué, cómo. On notera déjà avec malice qu'au pays de la sieste les bureaux ne sont pas fermés pendant les vacances scolaires... j'ai été accueilli, après être passé par l'universel standard, par une dame à la voix bien rauque, bien espagnole, qui parlait à trois milles à l'heure. Je lui ai dit que je ne savais rien de rien sur les dates, ce que je devais faire pour constituer un dossier...etc. Le tout donc en utilisant les plus belles des formules de politesse... au bout de trois secondes, comme si nous avions gardés las vacas ensemble, elle me balance un débonnaire "¿ cómo te llamas ?", un bon vieux "comment tu t'appelles ?". Là franchement j'ai été remis dans le gaspacho, dans l'ambiance typique des espanishs ! Parce que je n'appelais mon fournisseur de DVD de pornos amateurs tchèques (c'est une collection comme une autre !) mais un bureau officiel, genre succursale/antenne locale de ce qui correspondrait au rectorat d'académie chez nous... et bien que connaissant tout ça, cette façon décontractée du slibard de répondre de nos amis de l'aut' côté des Pyrénées, ça me surprend toujours. En France pour la même scène, j'aurais dû user de mots et locutions disparus depuis l'avant IIè Guerre Mondiale ("surseoir", "naguère", "pour ce faire", "je viens quérir"...) et j'imagine très mal la responsable d'un bureau me dire "ouais, sinon, comment tu t'appelles ?".

Il ne me manquait plus que le micro de Jacques Martin, trois mesures de Bob Quibel et Pino Latucca et le sourire béat de Nana Mouskouri pour me retrouver dans un échange digne de "L'école des fans" et expliquer que j'adore quand ma mère fait des frites et que ma maîtresse elle est gentille. Non, cools, relax, "tranqui" (comme on dit là-bas) les Espagnols. C'est là vraiment un choc culturel, ce côté d'entrée "avenant" qu'ils ont, ça va me faire beaucoup de bien ayant passé des années à faire des ronds de jambes à des connauds (qui, pour la plupart je précise, puaient de la gueule en plus)... alors ce côté Club Med dans les relations va certes me détendre mais aussi me stresser puisque sous la frontière vraiment tout est presque trop décontracté. En somme j'ai appelé pour avoir des renseignements, on m'a dit "Bof, tu viens quand tu veux, t'amènes des photocops de tes diplômes/concours, une photocop de ta DNI (carte d'identité), un numéro de compte en banque et ça fera l'affaire..." et un "Tu passes quand tu veux !"   qu'elle m'a fait... c'est cool, mais je connais assez les gens là-bas pour que le quand tu veux tombe pile un jour où finalement je ne pouvais pas alors méfiance... mais en tout cas ce coup de fil, moi bien français guindé et en face la responsable plus que cool, m'a fait sourire.

 Les bureaux administratifs en Aragón

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