lundi 19 avril 2010

Aimer se perdre

Granada (Espagne, Andalousie, Mars 2009) (c) p.o.v.

J'aimais faire buter mes yeux contre ces lances-arbres jusqu'au risque de me piquer ; en regardant en contrebas la ville, on trace des labyrinthes sans entrée ni sortie puisque l'intérêt réside dans l'idée folle de ne jamais s'enfuir, de poursuivre éternellement du regard cet enchevêtrement astucieux de pierres, de murs et de rues. Oui, ces rues elles montent, descendent, tournent, s'enlacent et s'entrelacent, enveloppent, serrent, s'ouvrent, se referment. Le regard se perd, le touriste s'y épuise par plaisir et joue avec son impatience de trouver un point de vue, un recoin ou d'enfin aller grimper sur la montagne qu'il voit depuis longtemps, depuis loin. La grosse bienveillance de la montagne, d'une imposante sobriété, d'un relief tout commun semble exiger d'exister par contraste par rapport à ce montage blanc qu'elle domine. Depuis la Alhambra, on contemple les singuliers petits périples menés dans les ruelles quelques heures ou quelques jours auparavant, les yeux remplaçant alors les jambes et le vent caressant les joues remplaçant la sueur. Tout invite à s'y perdre, tout invite à s'y retrouver.

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